Pourquoi Emmanuel Macron l’emportera d’ici deux mois

Cet article tant à analyser les convulsions politiques de notre temps à travers une utilisation croisée et recherchée des fragments entier de l’histoire politique de l’humanité pour ainsi tenté de déceler les symptômes précurseurs d’un éventuel déclin ou surgissement des “statu quo institutionnels” préétablis ou sus geris. Car le Politologue de nos jours doit au delà des connaissances techniques, il doit savoir mêler en parallèle repères historiques et intuitions. Telle est sa noble mission aujourd’hui: déconstruire l’insondable au travers du prisme sociétal.


En 1789 le royaume de France connaîtra l’un des pires événements de son histoire, le déclin progressif du système débute comme dans la plupart des basculements des régimes par un événement particulièrement anodin: la prise de la Bastille le 14 juillet 1789. Cette goutte d’eau qui déborda le vase, tient pour origine à de vastes et répétitifs, voire furtifs événements, scandals,  excès dans lesquels sont dans la plupart des cas engouffrés les hommes du système (la famille royale, la noblesse,  les politiques etc). Le peuple de France avec la crise qui pointe à l’horizon est de plus en plus excédé.  Dans les salons des Lumières, les intellectuels bourdonnent, des stratagèmes sont élucidés; les plus perspicaces et les plus audacieux informent et conscientisent le peuple au péril de leur vie. Avec l’échec des États généraux orchestrés par le système, beaucoup sont prêts à en découdre avec ce Régime moribond et financièrement effondré. S’en suivra par la suite la chute vertigineuse et le déclin définitif de l’ancien régime en dépit de nombreux soubresauts en 1815 et en 1873. Le peuple a tranché! Vive la République!

Depuis, le jeu politique a été progressivement assez multipartite. Et, à la Libération en 1944, le Général De Gaulle ne déroge pas à ce système.  Durant la guerre froide, un peu partout en occident, le bipartisme semble prendre corps peu à peu , en France le RPR et le PS s’illustrent sans faute comme les deux grandes mouvances politiques du pays. C’est notamment durant les 14 ans de pouvoir de François Mitterrand que la gauche (PS) et la droite (RPR) vont imposer “définitivement” en France la logique bipartite à l’instar des États-Unis d’Amérique où Les Républicains et Les Démocrates se succèdent à la tête du pays depuis plus de deux siècles, ou encore comme en Colombie entre El  Partido Liberal (Créé en 1848 par José Ezequiel Rojas) et El Partido Conservador (Créé un an plus tard par Mariano Ospina en 1849) qui pendant également près de deux siècles se succédèrent au pouvoir, excepté pendant les années dites de Violencia  de 1949 à 1957, années durant lesquelles une dictature militaire va s’installer au pouvoir.

Somme toute,  si aux USA, le bipartisme serait fortement ancré dans l’espace politique;  en Italie par exemple en pleine crise de régime des années fin 1980 et début 1990, la chute des chrétiens démocrates portera un coup définitif au monopole politique de ce dernier dans l’espace politique du pays depuis la fin de la seconde guerre mondiale et nonobstant l’influence du parti communiste d’alors.  Aujourd’hui, comme en Colombie au début des années 2000 avec Álvaro Uribe Vélez  qui a contribué à mettre totalement fin au monopole bipartite des libéraux et des conservateurs,  donnant ainsi naissance à un multipartisme plus prononcé; en Italie Silvio Berlusconi, Gianfranco Fini, Bersani et les autres vont contribuer à leur tour à donner vie à un espèce de système multipartite profondément dépendant politiquement les uns les autres (notamment avec l’excessive utilisation des coalitions pour former des majorité fortes afin de mieux gouverner le pays).

La France n’échappera pas en effet à ces mutations politiques.  Si la chute du mur de Berlin et par ricochet la fin de la guerre froide a contribué à accélérer ce changement de paradigme;  d’autres éternuements sociétaux tels les effets de la globalisation, la crise économique, les scandals politiques, la perte de souveraineté de certains gouvernement au bénéfice d’organisation supranationales (par exemple l’union Européenne), les problèmes nés suite au laxisme des gouvernements en matière de la sécurisation des frontières, l’immigration,  le chômage, le terrorisme, les interventions militaires à l’étranger bref; un peu partout dans le monde les populations sont de plus en plus ulcérées de constater l’immobilisme total dans lequel se sont isolés les politiques. Ainsi, face à cet état de fait, les partis nationalistes dits aussi populistes vont progressivement récupérer une bonne partie de cet l’électorat anti système. En France le Front National de Marie Le Pen en faisant un score sans précédent dans l’histoire politique du pays lors de la présidentielle de 2002, contribuera fortement à faire rentrer de force la France dans le postmodernisme politique dans lequel de toutes façons tous les gouvernements du monde occidental en particulier sont appelés à faire face (regain identitaire; nationalisme, souverainisme…). C’est dans ce contexte de vive tension politique que va s’effondrer le verre de glace qui maintenait jusque là dans l’illusion l’homme politique français de gauche comme de droite qui a longtemps cru à la naïveté voire à l’immaturité des électeurs;  ce ne serait en effet ni les changements d’appellation de partis politiques (de l’UMP à LES RÉPUBLICAINS), ni les mises en garde médiatisées sur une possible dislocation profonde de la société française si jamais le Front National venait à l’emporter un jour; ce ne serait effectivement pas de telles enfantillages qui convaincront les électeurs quels qu’ils soient de voter utile le jour J.

Emmanuel Macron a su tout au long de sa mission à Bercy et juste après sa démission du gouvernement démontrer sa profonde compréhension des enjeux politiques et sociaux de notre ère.  Il a su comprendre le peuple de France,  en refusant de se complaire dans les jeux d’appareils. Il a démontré une fois de plus depuis sa déclaration de candidature à la présidentielle qu’il avait à coeur de métamorphoser solidement notre société et l’espace politique trop souvent pris au piège du politique jusqu’au boutiste. En centrant son programme présidentiel sur le travail, il rappelle à tout un chacun les valeurs cardinales sur lesquels toutes sociétés postmodernes doivent se forger.  Car c’est en offrant du sien à la société en général qu’elle se montrera à son tour humaniste dans les moments les plus sévères de nos existences.  L’exemplarité, la probité morale doivent toujours primer avant tout. En allant insidieusement presque toujours à contre courant de ses déclarations politiques volontaristes, l’homme politique français à force d’encourager l’oligarchie politico familial a desservi non pas seulement le peuple de France, mais il a surtout donné au monde entier l’image d’une justice qui ne s’appliquait qu’aux plus faibles, ressuscitant par là l’ancien Régime et ses vices.  Aujourd’hui être de droite c’est assumer librement ses convictions de valeurs et non de s’enfermer dans un fanatisme éhonté et sans précédent.  De nos jours être de gauche c’est aussi faire le choix de vivre soit dans l’utopie absolue ou soit de faire le choix de la raison vraie. Plus que jamais Emmanuel Macron est à la croisée des chemins. S’il venait à être élu à l’Elysée c’est l’honneur de tout un peuple et de tout un pays qui s’en trouverait rétabli dans l’espace géopolitique planétaire.

 

Dott. Christopher Jivot Bitouloulou

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