Spain needs more Law and Order

Cet article traite de la crise catalane et tente d’inscrire au cœur du débat les notions de libertés individuelles et d’Etat de droit. Enfin, à travers une rapide rétrospection de l’Ideal sociétal européen, l’auteur croit nécessaire le triomphe de l’imperium face au reliquat d’une vision absolutiste d’une minorité sur l’intérêt général protectrice des libertés individuelles et non celui du collectivisme hideux.  


La civilisation occidentale s’est réorganisée progressivement au sortir de la seconde guerre mondiale sur la base de deux éléments : Le droit et l’ordre. Pour cela, il a fallu concilier peu à peu libertés individuelles et intérêt général. En réalité ce dilemme ne date pas de la période post guerre. Toutes les révolutions en occident, les révolutions françaises, industrielles, sociales ont été permanemment le fruit des revendications de plus de libertés individuelles (libertés d’expression, liberté du commerce et d’industrie etc.) confrontées à la poursuite de l’intérêt collectif. La lutte des classes n’a pas été le seul segment des collisions sociétales d’autres temps, encore moins du ‘‘postmodernisme’’. Ainsi, toutes sociétés contemporaines dans lesquelles la primauté du droit surplante tous les intérêts individuels au profit de l’intérêt collectif, lesdites sociétés auraient plus d’aisance à vider les stigmates d’ordre historique, sociale, sociétale que le temps n’a su affadir que celles dans lesquelles priment le désordre, l’irresponsabilité, le non-respect de l’autorité légale, de la loi et de l’ordre (comme dans la plupart des Etats d’Afrique et de certains Etats d’Amérique latine et d’Asie).

Analyser au prisme de ce qui a été dit plus haut, la crise catalane est le point d’orgue d’un ensemble d’évènements strictement politiques qui marquera à jamais ce monde occidental là : laxiste, mou, irresponsable, affable, impersonnel, grandiloque et ineffectif en même temps.

Carles Puigdemont s’est volontairement mis en dehors de la ligne de démarcation qui sépare revendications des libertés individuelles et dont ici en l’occurrence « la liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes. » et intérêt suprême, collectif ou encore général. Cette ligne imaginaire n’est autre que l’Etat de droit. L’indépendance de la Catalogne était fortement prévisible et naturelle. La Catalogne est l’Espagne et est désormais en même temps un territoire européen libre et mûr. Cet Etat de fait ne date pas d’hier. C’est la conséquence même de la construction d’un machin politique que l’on appelle ETAT-REGIONAL.

La déconstruction des Etat-Nations européens au profit des Etat-Multinationaux dont le la a semblé-t-il était donner par la présente crise catalane (octobre 2017) amplifiera si rien n’est fait par les dirigeants politiques européens une avalanche de conséquences et de bouleversements qui impacteront lourdement le monde et conduira à l’installation d’un nouvel ordre structurel instable pour l’équilibre mondial et périlleux pour une Europe qui se veut forte et engagée en faveur d’un rééquilibre des forces et pour une géopolitique plus respectueuse des dynamiques géostratégiques globales.

Face à ce qui ressemblerait à une volonté marquée d’anéantissement de la légalité en Espagne « Le devoir imperium [de tout] homme d’Etat » (cf. discours de Nicolas Sarkozy, du 15 novembre 2016) doit le conduire à faire usage de tous les moyens politiques et prioritairement juridiques à sa disposition pour restaurer et préserver la légalité.

Le premier ministre espagnol Mariano Rajoy a fait preuve d’une lâcheté disproportionnée et sans équivoque. Le long monologue dans lequel il s’était engagé avec Carles Puigdemont a sans nul doute vidé ce qui reste encore de l’autorité de l’Etat. Mariano Rajoy a incarné l’impuissance publique, le vide, l’horreur politique.

L’Etat de droit doit par principe s’adapter en permanence face à l’horreur et face aux revendications politiques fussent-elles légitimes ou pas. Ne rien entreprendre qui puisse stopper nette la lâcheté et l’irresponsabilité, même au détriment des libertés individuelles de certains au nom de l’intérêt général dans une réelle démocratie comme l’Espagne, reste incompréhensible pour tout politologue ou politiste.

La Raison d’Etat doit s’imposer en permanence. Ce qui se passe en Espagne est insupportable politiquement.

 

Dott. Christopher Jivot Bitouloulou

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